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«Temps X» : l'étrange odyssée des frères Bogdanoff

 
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ufolibre
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MessagePosté le: Ven 24 Juil - 21:43 (2009)    Sujet du message: «Temps X» : l'étrange odyssée des frères Bogdanoff Répondre en citant

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Igor et Grichka Bogdanoff, en 1986, sur le plateau de leur émission. Crédits photo : SIPA

LES ÉMISSIONS CULTES (12) - Le 21 avril 1979, TF1 diffuse le premier magazine de science-fiction en France. Présenté par les mystérieux Igor et Grichka Bogdanoff, cet ovni télévisuel mêlait culture populaire et vulgarisation scientifique.

Véritables jumeaux intergalactiques, Igor et Grichka débarquent sur la planète télévision un samedi après-midi d'avril 1979, en direct, sur TF1. Un peu comme une soucoupe volante dans «La soupe aux choux»… Accoudés au poste de commande d'un vaisseau spatial lancé vers l'espace («frontière de l'infini», comme il est précisé dans Star Trek), vêtus de combinaisons irisées futuristes un peu ridicules, les frères Bogdanoff inaugurent, avec un aplomb incroyable, un nouveau magazine dédié à la science- fiction : «Temps X».
Pour les enfants affalés sur le canapé du salon, la surprise est grande. Bien sûr, deux ans auparavant est sorti La Guerre des étoiles, gigantesque space opera signé George Lucas qui fait vibrionner le son grésillant de mille et un sabres laser dans l'espace intersidéral.
L'époque est alors à la prospective. Les futurologues invoquent les manipulations génétiques pour venir à bout du cancer, la venue de l'intelligence artificielle et autres découvertes scientifiques bouleversantes qui vont offrir un nouvel essor structurel à notre civilisation. Car l'an 2000 pointe le bout de son nez. Le troisième millénaire n'est qu'à vingt ans près. La science promet des habitations sur la Lune, des véhicules aéroglissants, l'émergence de la domotique, la télévision en trois dimensions, et même la possibilité de reculer les limites du vieillissement…
La littérature de «SF» a également le vent en poupe, de Ray Bradbury et ses Chroniques martiennes à Arthur C. Clarke et son 2001 l'Odyssée de l'espace, en passant par le Blade Runner de Philip K. Dick, la saga Dune de Frank Herbert ou La Guerre des mondes d'Herbert George Wells, réédité dans la nouvelle collection «Mille soleils» chez Gallimard.
Côté bande dessinée, Moebius, Enki Bilal, Jean-Claude Mézières, Philippe Druillet ou Richard Corben s'amusent à tordre leurs récits comme du Métal Hurlant. Avec ses 33-tours Oxygène et Équinoxe, Jean- Michel Jarre (qui signera, après Didier Marouani, le générique de l'émission) fait résonner la musique des sphères aux oreilles profanes, précédé en cela par Vangelis, Klaus Schulze ou des groupes tels que Tangerine Dream ou Pink Floyd. Les Américains appellent ça la space music.
«Temps X» se veut le reflet de tous ces courants sidérants de la culture populaire, au carrefour de la vulgarisation scientifique. Qui mieux que des jumeaux à l'étrange ressemblance dédoublée pour animer un tel rendez-vous ?
Mais avant tout, il aura fallu qu'Igor et Grichka réussissent à se frayer un chemin rue Cognac-Jay, au cœur de la galaxie télé. C'est grâce à Patrice Laffont d'abord, puis Yves Mourousi qu'ils arrivent, comme Alice, à passer de l'autre côté du miroir. En 1976, après avoir suivi les cours de Roland Barthes en sémiologie, les frères Bogdanoff (qui optent pour Bogdanov avec un «v» quand ils publient un livre) viennent défendre Clés pour la science-fiction, ouvrage de vulgarisation paru en 1974 chez Seghers, sur le plateau d'Yves Mourousi. En bon journaliste, friand de nouveauté, Mourousi est sensible au discours enthousiaste de ces jumeaux cultivés, élevés par une grand-mère excentrique, au cœur d'une forteresse du XIIe siècle, le château de Saint-Lary, dans le Gers. Est-ce ce contexte baroque et surréel qui a permis à l'imaginaire des deux frères de s'envoler vers les hautes sphères martiennes ? À n'en pas douter c'est au cœur de la bibliothèque familiale dotée de quelque quinze mille ouvrages multilingues (français, russe, allemand, ou anglais), que s'abreuvent Igor et Grichka Bogdanoff. Les «Bogdas» se constituent une culture encyclopédique aussi bouillonnante qu'exotique. Edmonde Charles-Roux, qui les connaît bien, admet qu'ils sont «les derniers spécimens de ces aristocrates d'Europe centrale que l'on croisait encore à Paris, au début du siècle.» Lors de fêtes somptueuses organisées par leur grand-mère, la comtesse Berthie Colloredo, les deux enfants déclament des poèmes, jouent du banjo devant un auditoire composé de princes russes et d'une partie de la noblesse désargentée émigrée de l'Est.
À l'origine de leur vocation scientifique, un livre de l'astronome Camille Flammarion, L'Histoire du ciel, qui à défaut de les propulser dans les étoiles va les amener au poste de commandement du vaisseau de «Temps X», de 1979 à 1987, date à laquelle la chaîne TF1 est privatisée, ce qui correspond peu ou prou à l'extinction programmée de leur magazine (si l'on excepte la diffusion de l'éphémère émission «Futurs», finalement diffusée à partir du 18 juillet 1989 en troisième partie de soirée).
Il n'empêche, dans l'intervalle, de grands moments se succèdent au 3, rue Cognac-Jay, sur le plateau de «Temps X». Joyeux mélange entre la vulgarisation scientifique, le cinéma de science-fiction en plein essor, les séries télévisées telles que Cosmos 1999, Battlestar Galactica ou Le Prisonnier, le magazine brasse allègrement les réflexions les plus sérieuses avec des thématiques plus légères liées à la sociologie des parasciences (l'étude des ovnis, l'existence des extraterrestres ou l'hypothèse que l'évolution de la race humaine ait pu être provoquée par une civilisation E.T. en visite sur la terre il y a 50 000 ans), sans oublier l'archéologie fantastique, popularisée (avant même Indiana Jones) par Jacques Bergier et Louis Pauwels dans Le Matin des magiciens et la revue Planète.
En 1979, l'astrophysicien Jean-Pierre Petit, qui n'a pas encore été rattrapé par «l'affaire Ummo» (croyance selon laquelle une planète lointaine abrite la civilisation des Ummites) présente un appareil baptisé le Logotron, qui fabrique des mots imaginaires, tels que «chronodrome», piste d'atterrissage pour machine à explorer le temps, «élastolithe», une variété de pierre élastique, sans oublier les «glossophytes» ou les «épistémozoaires»… C'est l'époque ou Igor et Grichka s'extasient devant les découvertes scientifiques françaises. Cela va de la fusée Ariane 4, lanceur franco-européen mis au point par le Cnes, en passant par «la technologie révolutionnaire» du Minitel. On voit même Igor et Grichka vanter les «mérites fabuleux» d'un ordinateur hors du commun, l'Amiga 500 de chez Commodore, «aux exploits stupéfiants».
Diffusée en direct, l'émission laisse parfois filtrer de purs moments d'hilarité. Les gens toussent dans le studio, trébuchent en déplaçant la caméra. Franck Dubosc y fait ses débuts en tant que pilote de vaisseaux. Le futur romancier Frédéric Beigbeder, 13 ans, y énonce doctement sa propre définition de la science-fiction (épisode marquant qu'il conte d'ailleurs dans son nouveau livre Un roman français, à paraître le 18 août chez Grasset).
Le 1er janvier 1980, les jumeaux du cosmos pronostiquent même la création d'un réseau mondial baptisé «Internex». À une lettre près, ils auraient pu toucher le jackpot. De fait, chez eux, tout est un peu affaire d'approximation. Igor et Grichka sont des communicants pleins d'éloquence. Mais la précision tatillonne n'est pas leur fort. Leur tempérament artistique et littéraire les attire plutôt vers une forme de vulgarisation impressionniste, picturale, par métaphores colorées et petites touches successives.
Igor et Grichka ne peuvent également s'empêcher de se gargariser de termes savants. Bien sûr, Albert Einstein a dit : «En science, ceux qui ont de l'imagination vont plus loin que ceux qui sont rigoureux.» Il y a cependant des limites à ne pas dépasser quand on veut transmettre son savoir. Les enfants - ou les jeunes adultes - qui ont regardé «Temps X», sont sans doute passés à côté des phrases amphigouriques des deux animateurs. Comme cette sentence entendue dans une émission tentant d'expliquer ce qu'était l'avenir du futur : «Face au nouveau monde qui émerge, l'homme de la modernité cherche, dans des conditions instables et aléatoires, l'image perdue de son destin historique» (sic).
Dans le fond, c'est peut-être cela qui rend aujourd'hui les frères Bogdanoff si attachants. Eux qui n'ont cessé de parler d'un «temps X», et de «l'entrée prochaine de l'humanité - grâce à la science - dans l'ère des longs vivants», ils sont la preuve vivante qu'ils croient à ce qu'ils avancent. Qui sait, peut-être seront-ils les premiers humains à être mis en hibernation ou cryogénisés ? Mais ceci est une autre histoire… de science- fiction.
Les frères Bogdanoff viennent de publier «Au commencement du temps», aux éditions Flammarion.
Source : http://www.lefigaro.fr/programmes-tele/2009/07/23/03012-20090723ARTFIG00554…

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